Une note de calcul eaux pluviales démontre que le projet respecte la règle locale de rejet. Elle fixe une pluie de projet (coefficients de Montana, période de retour imposée), calcule le débit produit par la surface active, retranche le débit de fuite autorisé ou la capacité d'infiltration mesurée, puis en déduit le volume à stocker. L'instructeur vérifie que chaque hypothèse est citée avec sa source (règlement local, station Météo-France, essai de perméabilité) et que le volume a été vérifié, vidange comprise.
Quelle est la norme pour l'évacuation des eaux pluviales, et quelle règle s'applique à votre projet ?
Aucune norme nationale ne fixe un débit de rejet. La règle est locale et se lit dans cet ordre :
- le PLU ou PLUi : règlement écrit de la zone et annexes sanitaires, qui renvoient souvent au zonage pluvial ;
- le zonage pluvial et le règlement d'assainissement de la collectivité : débit de fuite, période de retour, priorité à l'infiltration ;
- le SDAGE et, s'il existe, le SAGE, dont certaines dispositions encadrent le débit de fuite ;
- la loi sur l'eau, rubrique 2.1.5.0, pour un rejet dans les eaux superficielles, sur le sol ou dans le sous-sol. Surface comptée : projet plus bassin versant naturel amont intercepté. Jusqu'à 1 ha, non soumis ; plus de 1 ha et moins de 20 ha, déclaration ; 20 ha ou plus, autorisation. La police de l'eau applique souvent une doctrine départementale, parfois plus exigeante que le règlement communal.
Avant tout calcul, relevez chaque donnée d'entrée (période de retour, débit de fuite et sa surface de référence, priorité entre infiltration et rejet régulé, exutoire, hauteur de pluie à gérer sans rejet) avec l'article et la date de version. À Bordeaux Métropole, par exemple, elles se lisent dans le règlement écrit du PLU métropolitain, le règlement d'assainissement et les documents techniques eaux pluviales auxquels ils renvoient, dans leur version en vigueur au dépôt.
La NF EN 752 (réseaux extérieurs) et le NF DTU 60.11 (bâtiment) ne fixent pas le débit rejetable. Si la collectivité impose une méthode ou un tableur, la conformité se démontre avec celui-ci.
Comment définir la pluie de projet et calculer la pluviométrie ?
La pluie de projet suit la loi de Montana : intensité i(t) = a × t^(-b), hauteur h(t) = a × t^(1-b).
Les coefficients a et b sont publiés par Météo-France par station, période de retour et plage de durées ; ceux fournis par la collectivité priment. Justifiez la station retenue (proximité, altitude, relief, longueur de série). Dans la convention la plus répandue, t est en minutes, i en mm/min et h en mm : reportés dans une formule écrite en mm/h, ces coefficients donnent une erreur d'un facteur 60. Écrivez l'unité de a à côté de sa valeur.
Période de retour. Elle est fixée par la règle locale : souvent 10 ou 20 ans à la parcelle, davantage pour un ouvrage sensible ou un aval vulnérable.
Plage de validité. Chaque couple (a, b) ne vaut que sur une plage de durées. Avec un débit de fuite faible, la durée critique atteint plusieurs heures : extrapoler des coefficients de durées courtes fausse le volume.
Pluies synthétiques. Si la collectivité exige une modélisation, la pluie devient un hyétogramme (double triangle de Desbordes, pluie de Chicago) construit sur les mêmes coefficients ; la note en donne les paramètres.
Pluie exceptionnelle. La note indique où va l'eau au-delà de la pluie de projet : surverse, cotes des seuils de bâtiments, point bas sans enjeu.
Changement climatique. Une majoration imposée par la règle s'applique et se cite. À défaut, une majoration des intensités ou une période de retour plus longue se présente comme un choix de conception, distinct de la démonstration de conformité.
Comment calculer le débit à évacuer : surface active, coefficient de ruissellement, méthode rationnelle ou Caquot ?
La surface active est Sa = Σ (Ai × Ci), Ci étant le coefficient de ruissellement de chaque type de surface. Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur courants, non tirés d'un document cité ici : le règlement local impose souvent les siennes, et C varie avec la pente, le sol et le revêtement.
| Type de surface | C indicatif (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Toiture étanche | 0,9 à 1 |
| Voirie, parking enrobé | 0,8 à 0,95 |
| Pavés à joints ouverts, parking perméable | 0,3 à 0,7 |
| Toiture végétalisée | 0,3 à 0,7 |
| Espaces verts | 0,1 à 0,3 |
Méthode rationnelle. Q = C × i × A, soit Q (m³/s) = C × i × A / 360 avec i en mm/h et A en ha. i correspond à une durée égale au temps de concentration : temps d'entrée plus temps de parcours dans le réseau. Sur un petit bassin versant rural, la formule de Kirpich, tc (min) = 0,0195 × L^0,77 × I^(-0,385) (L plus long parcours en m, I pente en m/m), est d'usage courant ; citez la formule retenue.
Méthode de Caquot. Elle figure dans l'instruction technique relative aux réseaux d'assainissement des agglomérations (circulaire interministérielle n° 77-284/INT du 22 juin 1977) et donne un débit de pointe à partir de la surface, de la pente, du coefficient de ruissellement, de l'allongement et de coefficients pluviométriques régionaux (à signaler si vous leur substituez ceux d'une station locale). Son domaine d'application est fixé par l'instruction ; vérifiez dans le texte les plages couramment reprises (jusqu'à 200 ha, pente de 0,2 à 5 %, C de 0,2 à 1, allongement d'au moins 0,8). Au-delà, découpez en sous-bassins ou modélisez (SWMM, InfoWorks ICM ou équivalent).
Bassin versant amont. Une parcelle en pied de pente reçoit l'eau des terrains situés au-dessus. L'oublier sous-dimensionne l'ouvrage et peut fausser le seuil de la rubrique 2.1.5.0.
État initial et état projeté. Décrivez les deux, surfaces à l'appui. Quand la règle interdit de dépasser le débit de l'état initial, cette comparaison constitue la démonstration.
Comment calculer le volume de rétention d'un bassin d'eaux pluviales ?
Méthode des pluies
Pour chaque durée t :
- volume entrant :
Ve(t) = Sa × h(t)(m³ = m² × mm / 1 000) ; - volume sortant :
Vs(t) = Qf × t(Qf en m³/s, t en s) ; - volume à stocker : maximum de
Ve(t) - Vs(t)sur la plage de durées.
Exemple d'école (valeurs fictives) : projet de 1 ha, surface active 0,6 ha, débit de fuite de 3 l/s/ha pris comme hypothèse, soit Qf = 3 l/s. Coefficients a = 11 et b = 0,78 (t en min, h en mm, valables de 1 h à 12 h).
| Durée | h (mm) | Ve (m³) | Vs (m³) | Volume à stocker (m³) |
|---|---|---|---|---|
| 1 h | 27,1 | 163 | 11 | 152 |
| 2 h | 31,5 | 189 | 22 | 167 |
| 4 h | 36,7 | 220 | 43 | 177 |
| 4 h 40 | 38,0 | 228 | 50 | 178 |
| 6 h | 40,2 | 241 | 65 | 176 |
| 12 h | 46,8 | 281 | 130 | 151 |
Le volume à stocker est d'environ 178 m³, pour une durée critique proche de 4 h 40. La vidange à débit constant prend 178 / 0,003 ≈ 59 300 s, soit environ 16 h 30. Avec un orifice, le débit baisse avec la charge et la vidange s'allonge.
Méthode des volumes
Elle part de pluies observées et non d'une courbe intensité-durée. L'instruction de 1977 la présente sous forme d'abaques par région pluviométrique : on calcule qs = 360 × Qf / Sa (mm/h, Qf en m³/s, Sa en ha), soit 1,8 mm/h dans l'exemple, on lit la hauteur spécifique de stockage ha (mm), puis V = 10 × ha × Sa (m³). Elle suppose un débit de fuite constant et un bassin versant dans le domaine de l'instruction, et ses abaques reposent sur des données pluviométriques anciennes. Indiquez le résultat des deux méthodes et celle retenue.
Régulation, surverse, vidange
Un régulateur à débit constant (vortex, flotteur) restitue Qf quelle que soit la charge. Un orifice calibré suit Q = m × S × √(2gh) (m de l'ordre de 0,6 en paroi mince, h la charge sur le centre). Dans l'exemple, 3 l/s sous 1,5 m de charge donnent un diamètre d'environ 34 mm, exposé au colmatage : citez le diamètre minimal du règlement s'il en fixe un, la grille de protection et l'entretien.
La surverse se dimensionne sur une pluie supérieure à la pluie de projet, comme un déversoir : Q = μ × L × √(2g) × h^(3/2) (L largeur du seuil, h lame d'eau, μ de l'ordre de 0,35 à 0,42 selon la forme du seuil). La lame d'eau obtenue fixe la revanche sous le haut de l'ouvrage. Le temps de vidange se compare au délai fixé par la règle locale.
Le volume utile se mesure entre le fil d'eau de l'orifice et la cote de surverse, en tenant compte du profil d'une noue et en déduisant le volume mort d'un bassin enterré. Pour une structure réservoir, c'est le volume géométrique multiplié par l'indice de vide de la fiche du matériau.
Comment calculer l'infiltration des eaux pluviales : perméabilité, surface, vidange ?
Le débit d'infiltration est Qinf = K × S, avec K la perméabilité en m/s et S la surface d'infiltration : fond seul, ou fond et une partie des parois, à justifier. S dépend des dimensions de l'ouvrage, donc du volume : le calcul est itératif.
Origine de K. K vient d'essais in situ (Porchet en forage, Matsuo en fosse, ou équivalent), à l'emplacement et à la profondeur du fond de l'ouvrage, en nombre adapté à la surface et à l'hétérogénéité du sol. Une valeur lue sur une carte géologique ne sert qu'en faisabilité, signalée comme telle.
Coefficient de sécurité. K se minore pour tenir compte du colmatage et de l'hétérogénéité. Le coefficient et sa justification figurent dans la note ; certaines doctrines locales le fixent.
Nappe. Le niveau des plus hautes eaux se documente (piézomètre, suivi saisonnier, étude géotechnique). La garde minimale sous le fond de l'ouvrage est fixée par la règle locale.
Volume et vidange. Le volume se calcule par la méthode des pluies avec Qinf à la place de Qf, puis T = V / Qinf se compare au délai imposé. En cas mixte, le débit sortant devient Qinf + Qf, si la règle autorise ce rejet complémentaire.
Exemple d'école (valeurs fictives, même pluie et même surface active que plus haut) : K mesuré 2 × 10⁻⁵ m/s, coefficient de sécurité de 2, soit K retenu 1 × 10⁻⁵ m/s ; fond de 200 m², parois négligées ; Qinf = 2 l/s. Le volume à stocker est d'environ 199 m³ (durée critique proche de 7 h 50), soit 1 m d'eau sur le fond. La vidange prend 199 / 0,002 ≈ 99 500 s, soit environ 27 h 40. Si la règle impose 24 h, on agrandit le fond, puis on recalcule Qinf, le volume et la vidange.
Certaines contraintes interdisent l'infiltration quel que soit le calcul : périmètre de protection de captage, sols pollués, argiles sensibles au retrait-gonflement, fondations proches, pente instable.
Comment vérifier la capacité d'évacuation du réseau et les ouvrages de collecte ?
La capacité d'un collecteur à pleine section se calcule par Manning-Strickler : Q = Ks × S × Rh^(2/3) × I^(1/2), avec S = πD²/4 et Rh = D/4 pour une conduite circulaire. Le Ks dépend du matériau et de son état ; citez la référence utilisée. Vérifiez ensuite la vitesse et le taux de remplissage au débit de pointe.
Les conditions d'autocurage (vitesse minimale à faible débit, remplissage) sont fixées par le règlement ou le cahier des charges du gestionnaire : citez-les plutôt qu'une valeur générale. Pour les grilles et avaloirs, la capacité d'engouffrement vient de la fiche fabricant, réduite pour le colmatage.
À l'aval, vérifiez la mise en charge du réseau et le niveau de l'exutoire en crue. Un fossé ou un cours d'eau haut peut annuler la capacité théorique du collecteur ; la note indique alors la cote retenue et le dispositif anti-retour. Contrôlez enfin pentes et recouvrements minimaux sur les profils en long.
En bâtiment. Le nombre de descentes d'eau pluviale relève du NF DTU 60.11, pas de la règle de rejet : surface de toiture desservie, intensité de référence du DTU, capacité de chaque descente. La méthode est résumée dans la FAQ en fin d'article.
Que doit contenir une note de calcul eaux pluviales pour passer l'instruction du premier coup ?
Une note relisable suit cette trame :
- Objet : surfaces avant et après, bassin versant amont, exutoire.
- Règle applicable : références exactes et date de version.
- Fiche d'hypothèses (ci-dessous).
- Calculs : pluie, débit, volume, infiltration, vidange, réseau.
- Résultats comparés à la règle : conforme ou non conforme.
- Pluie plus forte et cheminement de la surverse.
- Annexes : essais de perméabilité, fiche Montana, plans, fiches des ouvrages.
Fiche d'hypothèses
| Donnée | Valeur retenue et unité | Source et date de version | Reprise dans | Vérification avant dépôt |
|---|---|---|---|---|
| Période de retour | … ans | Article du règlement ou de la doctrine | Note, notice PC, DLE | Version en vigueur au dépôt |
| Station, coefficients a et b | a = …, b = … (unités, plage) | Fiche Météo-France, période d'observation | Note, annexe | Unités et plage de durées |
| Surface projet et bassin versant amont | … ha | Plan topographique, relevé terrain | Note, DLE, plans | Amont intercepté inclus |
| Coefficients de ruissellement | Un par type de surface | Règlement local ou référence citée | Note, notice PC | Cohérence avec le plan masse |
| Surface active | … m² | Calcul | Note, notice PC, DLE | Somme recalculée |
| Débit de fuite autorisé | … l/s/ha, soit … l/s | Article du règlement | Note, notice PC, DLE, plans | Surface de référence correcte |
| Perméabilité K | … m/s, coefficient de sécurité … | Rapport d'essai, date, profondeur | Note, annexe | Profondeur égale au fond d'ouvrage |
| Nappe en hautes eaux | Cote … NGF | Piézomètre ou étude géotechnique | Note, DLE | Garde minimale respectée |
| Durée de vidange maximale | … h | Article du règlement | Note | Calcul de vidange comparé |
| Exutoire | Réseau, fossé ou milieu naturel | Autorisation du gestionnaire | Note, notice PC, plans | Cote aval en crue |
Checklist avant dépôt :
- règle locale lue dans sa version en vigueur ;
- unités, station et plage des coefficients de Montana vérifiées ;
- bassin versant amont intégré ;
- K issu d'un essai à la profondeur de l'ouvrage, nappe en hautes eaux sourcée ;
- vidange comparée à la règle ;
- surverse et pluie exceptionnelle traitées.
La colonne « Reprise dans » sert au dernier contrôle : un écart de valeur entre la note, la notice PC et le DLE suffit à motiver une demande de complément.
Tableur et production documentaire
Le tableur xls convient au calcul répétitif s'il affiche la source et l'unité de chaque coefficient et la date de la règle appliquée, et si ses versions sont conservées ; sinon, un débit de fuite périmé passe d'un projet au suivant.
Hors calcul, le temps part dans la recopie des mêmes hypothèses dans trois pièces, le contrôle de leur concordance et la recherche de la note d'un projet voisin. Ce périmètre s'automatise : premier jet de la partie descriptive à partir de la fiche d'hypothèses, sans autre référence que celles qu'elle cite (même règle que pour rédiger un CCTP sans inventer de norme), rapprochement des valeurs entre pièces (voir contrôle réglementaire dans le BTP : ce que l'IA peut vérifier), recherche pour retrouver une ancienne note dans les archives internes. Le calcul hydraulique, le choix des hypothèses, la relecture et la signature restent à l'ingénieur.
Diagnostiquer la recopie entre note, notice PC et DLE
Reprenez votre dernier dossier déposé et remplissez la fiche d'hypothèses ci-dessus. Comptez les valeurs recopiées à la main entre la note, la notice et le DLE, et le temps passé à retrouver des données d'anciens projets. Si ce poste revient à chaque dossier, la page automatiser la production documentaire d'un bureau d'études décrit le diagnostic de Lumivi et l'outil construit ensuite.
Article rédigé par Loïc Mabilon, cofondateur de Lumivi.






